Mascarades

Depuis quand une telle « entourloupe »[1] ? Faire voter au parlement par une majorité alternative un texte dont les fondements déchirent la coalition gouvernementale ; envoyer un Premier ministre en petit télégraphiste — et à « titre personnel » — à une réunion internationale pour présenter la position parlementaire divergente de celle du gouvernement qu’il préside, un exécutif qui ne s’assume pas et, qui pour en sortir, s’arroge la position de porte-parole du législatif…. De tous petits calculs politiciens dans lesquels les citoyens ne peuvent se retrouver, si du moins ils arrivent à en suivre les méandres. Voilà le résultat final de la crise à propos du Pacte des Nations Unies sur la Migration. Voici les lamentables petites combines d’un gouvernement et de son Premier ministre qui après avoir subi l’hégémonie d’une droite extrême elle-même conditionnée par l’extrême-droite, n’arrive pas à se débarrasser de son partenaire. Mais il faut constater qu’au-delà des effets de manche, le ciment ultra libéral qui unit le MR et la NVA aura permis de maintenir la coalition en place. Et puis « embrassons-nous Folleville ! »

On aura, en tous cas, vécu la semaine des mascarades. Car il y eut aussi celle du climat. Alors que la Belgique venait de connaître la plus grande mobilisation de son histoire sur la question de la régulation climatique et énergétique — au moins 75 000 personnes dans les rues de Bruxelles dimanche dernier — mardi au conseil européen, le gouvernement Michel refusait d’adopter les objectifs européens en matière d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables. La Belgique s’est retrouvée isolée en compagnie de la Tchéquie…

Rarement dans l’histoire de notre pays, on aura connu un tel gouvernement aussi réactionnaire, mais surtout totalement sourd et imperméable aux évidences de l’urgence écologique. Mais dans cette pièce ubuesque, les révoltes grondent. Elles sont jaunes aujourd’hui. Puissent-elles, demain, être multicolores et faire émerger un mouvement à la hauteur des alternatives politiques qui s’imposent dans l’esprit d’une valeur qui ressurgit avec vigueur : celle de l’égalité.

[1] L’expression « entourloupe » avait été utilisée par François Perin pour qualifier l’attitude du roi Baudoin qui s’était mis en « impossibilité de régner » pour ne pas signer la loi sur la libéralisation du droit à l’avortement.

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