Apocalypse Hitler : Les Desperate Experts of Hitler

La main invisible de l’audimat a tranché ! Mardi 24 octobre : quasi 4 millions pour Desperate Housewives sur M6 (14,1 % PDM), 5,9 millions de téléspectateurs pour les Experts sur TF1 (21,2 % PDM), et – alléluia !- 6,1 millions ( 22,3 % PDM) pour Apocalypse-Hitler sur France 2. Le service public a gagné, les téléspectateurs ont préféré un documentaire historique aux séries américaines : un double cocorico national et culturel. On imagine tous les discours triomphalistes que ces résultats ont pu inspirer aux multiples responsables des différents services de FR2 et aux réalisateurs de la « série » Apocalypse dont on attend avec impatience, dit-on, la « nouvelle saison ». Et on n’imagine pas encore toutes les conclusions que les chaînes en tireront en termes de politique de diffusion et de coproduction documentaire mais on peut déjà les craindre. On peut et on doit s’interroger sur le succès d’Apocalypse et, d’une certaine manière, on ne peut que se féliciter qu’un sujet historique dont les résonances peuvent encore être d’actualité rassemble un public aussi nombreux.

Je ne reviendrai pas ici sur les réserves et le critiques de fond et de forme que j’ai exprimées sur ce Blog-Notes [[Voir sur ce même site « Apocalypse : la mystification » 2310.11]] et qui se sont également manifestées ailleurs formant un bémol dans le concert de louanges consensuelles de la majorité des commentaires médiatiques et autres.
Simplement cette hypothèse en forme de remarque un peu provocatrice : et si les téléspectateurs d’Apocalypse, de Desperate Housewives et des Experts ne répondaient tout simplement qu’à la même logique de spectacle. Car le nœud du débat demeure bien celui-là : la spectacularisation de l’histoire (qui vient après celle de l’information) et, en l’occurrence, la confusion des genres comme des sources. Et anticipons d’emblée l’accusation d’élitisme qui ne manquera pas d’être lancée par les partisans et les réalisateurs de la série Apocalypse. Ou alors assumons pleinement « l’élitisme pour tous » (inspiré de Schiller) et dont Antoine Vitez avait fait son cheval de bataille.
Et reprenons à notre compte ce que disait récemment Philippe Lefait à l’occasion du XXe anniversaire de son émission « Les mots de minuit » (France2) : [[Libération 26.10.11]] « A la télé, l’intellectuel est consommé à toutes les sauces. On peut également choisir des sujets plus pointus : l’intelligence du grand public n’est pas celle que lui prêtent les hauts stratèges de la télévision. Aujourd’hui, le grand public a besoin d’exigence dans un monde où seul le marché tient lieu d’idéologie. » Et peut-on dire sans crime de lèse-audimat que l’exigence n’est pas toujours aux rendez-vous des « Desperate Experts of Hitler »….

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