Journal de campagne(28) : conclusion toute provisoire…

Quel parcours ! Les victoires électorales accumulées tendent à faire oublier le chemin qu’a tracé François Hollande depuis un an. Et pourtant ce fut loin d’être un fleuve tranquille. Car, en moins de douze mois, l’homme de la Corrèze est passé du statut de candidat méprisé par ses adversaires et moqué par certains de ses amis aujourd’hui ministres à celui de Président ayant en main les pouvoirs les plus étendus depuis la fondation de la Ve République. Des grandes mairies au Sénat, des régions à l’Assemblée Nationale, le chef de l’état dispose, en quelque sorte, du pouvoir à tous les étages. « Cela oblige », comme on dit en ces circonstances.

« La gauche molle », pour reprendre l’expression de Martine Aubry, l’a donc emporté peut-être parce que, précisément, c’est la modération que recherchaient les Français. Comme l’indique, en miroir, la défaite d’une droite « droitisée » parfois jusqu’à l’extrême. Cette modération n’exonère pas François Hollande de trouver les chemins du changement annoncé même si le président s’est évertué à ne rien promettre qu’il ne pensait pouvoir tenir. La nouvelle et large majorité présidentielle est attendue sur deux terrains : la République exemplaire qui permettrait au citoyen de se réconcilier avec la politique – ce sera le moins difficile- et une politique économique et sociale qui lutte contre les inégalités. De ce point de vue, la réforme fiscale dont François Hollande avait fait son cheval de bataille durant ses campagnes sera déterminante. La bataille pour une réelle justice sociale est évidemment inséparable de la lutte contre la crise qui se situe, elle, au niveau international.


De rares alliés et des adversaires déterminés

On le sait : sur ce terrain, pour François Hollande, les alliés seront rares et les adversaires déterminés. Le G20 vient de le rappeler et le sommet européen de la fin du mois risque de le confirmer. La tâche est immense, elle concerne le sort de tous les peuples européens. Car il ne s’agit rien de moins que de remettre en cause les fondements mêmes de la politique ultralibérale de l’Union Européenne dont les échecs permanents conduisent le vieux continent dans une impasse dramatique. C’est là que l’on mesurera la volonté et la réelle capacité d’action du nouveau président français.

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