Les mots usés de la tragédie palestinienne

Parfois les mots ne suffisent plus, trop faibles ou alors comme usés, incapables de rendre compte de l’horreur qui se déroule sous nos yeux. Et pourtant, ces mots, il faut encore une fois les répéter. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, aucun peuple n’endure ce que vit le peuple palestinien, aucun état ne peut impunément se jouer des lois et des règles internationales comme le fait le gouvernement israélien. Expulsés, bannis, spoliés, pourchassés, ghettoïsés, occupés depuis plus d’un demi-siècle, un million et demi de Palestiniens sont aujourd’hui enfermés dans un territoire de 360 km2, prisonniers sous les bombes du terrorisme d’Etat.

La raison officielle de l’offensive, ce sont les roquettes du Hamas, mais aujourd’hui l’armée israélienne détruit systématiquement et sans exception toutes les infrastructures de Gaza. On n’éradique pas la haine que l’on suscite soi-même. Certes, on peut disséquer les responsabilités historiques successives des deux parties, on peut énumérer les occasions perdues, il n’en demeure pas moins cette constance dans l’attitude israélienne : mener une politique qui aboutit toujours à la radicalisation de l’adversaire. Tous les observateurs le notent : même vaincu militairement le Hamas sortira en vainqueur politique dans les territoires palestiniens. L’occupation engendre la résistance et les occupants ne désignent pas leurs résistants.

En son temps déjà les gouvernements israéliens avaient tout fait pour affaiblir – et parfois éliminer – les représentants du Fatah ou de l’OLP les plus favorables à la paix, favorisant du même coup le camp du radicalisme et en particulier celui du fondamentalisme islamique. Tout faire pour ne pas avoir d’ interlocuteurs capables de mener une véritable négociation, c’est à dire d’accepter et d’obtenir des compromis : tant qu’Israël restera dans ce choix d’une politique basée exclusivement sur la force brutale et le refus des concessions, le pire l’emportera toujours.
Cela n’exonère en rien le Hamas de ses propres responsabilités mais dans le rapport de force asymétrique, comme on dit, c’est toujours la puissance dominante qui fixe les règles et qui choisit de laisser la place au feu ou aux mots.

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