Présidentielles : Macron ou le signifiant du social libéralisme

De la première à la trentième minute du JT de 20 heures, mardi soir, sur TF1 : du Macron, encore du Macron, rien que du Macron. Peu d’hommes politiques, en dehors des Présidents et des Premiers Ministres, peuvent se vanter d’avoir pris autant de place dans le créneau phare de la première chaîne française. Encore plus rare pour un homme, brillant et ambitieux certes, mais qui n’a jamais été élu et qui n’a été qu’un bref ministre de la République. Emmanuel Macron plaît aux médias ! Son « ni gauche, ni droite » ou plus exactement « à gauche et à droite » se coule avec ravissement dans le moule médiatique qui se reconnaît dans ce positionnement. On ne reviendra pas longuement sur ce que le philosophe Alain déclarait déjà…en 1925 : « Lorsqu’ on me demande si la coupure entre partis de droite et partis de gauche, hommes de droite et hommes de gauche, a encore un sens, la première idée qui me vient est que l’homme qui pose cette question n’est certainement pas un homme de gauche ».

Voilà donc un quatrième ministre de François Hollande (après Montebourg, Hamon et Duflot) qui démissionne pour se placer dans la course présidentielle. Mais si les trois premiers se situent dans la critique d’une politique social libérale – qu’ils ont diversement soutenue durant un temps-, Macron, lui, en aura été largement l’inspirateur comme conseiller économique de Hollande durant la campagne de 2012 ( en dépit de la très électorale et éphémère charge du candidat contre la finance), comme secrétaire général adjoint de l’Elysée ensuite et enfin comme ministre de l’économie. Il n’y a pas de divergences dans ce domaine au sein du trio Hollande-Valls-Macron.[[ Ce qui n’est pas le cas pour certaines questions sociétales : Macron s’est distingué des deux autres en manifestant des réticences sur la déchéance de nationalité et en s’interrogeant sur les responsabilités de la société française dans l’émergence du terrorisme national]]
Simplement le parcours personnel de Macron – notamment dans le secteur de la banque d’affaires-, sa complicité naturelle avec le patronat[[ Pierre Gattaz, le président du MEDEF trouve « En Marche » le mouvement de Macron « rafraichissant »….]] et quelques déclarations provocantes ont illustré son libéralisme avec encore plus de force.

La démission d’Emmanuel Macron est donc, comme d’ailleurs pour les autres candidats de l’ex-majorité, un calcul personnel destiné à favoriser son positionnement présidentiel à court ou moyen terme. Dans un premier temps, il accentue encore l’état de crise de la majorité présidentielle. Il prive Hollande d’un éventuel réservoir de voix de droite. Mais il ne faut pas s’y tromper. Macron qui est plus populaire à droite qu’à gauche et, qui contrairement aux idées reçues, séduit surtout un électorat âgé peut, s’il va au bout de son aventure, embarrasser un candidat Juppé dont il semble partager une partie au moins de l’électorat potentiel. Mais restons-en là : toutes ces supputations indiquent bien une incertitude politique et une dérégulation idéologique sans précédent dans la perspective d’une élection présidentielle.

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