Italie : Une nouvelle défaite pour le centre-gauche

Les chiffres demeuraient incertains, mais le résultat ne faisait aucun doute. On votait ces dimanche et lundi dans deux régions phares de la péninsule : le Latium (autour de Rome) et la Lombardie (autour de Milan). Douze millions d’électeurs potentiels (un quart du corps électoral italien) : un scrutin régional, mais à haute portée politique. Une issue sans appel : la coalition de la droite et de l’extrême droite remporte haut la main les deux consultations avec plus de 50 % des voix pour ses candidats. Mais une victoire relative en raison d’une participation extrêmement faible : seuls 40 % des électeurs ont voté (alors qu’en 2018 lors du scrutin précédent entre 66 % [Latium] et 73 % [Lombardie] des électeurs s’étaient déplacés. Giorgia Meloni peut affirmer que ce vote conforte son gouvernement, mais sa coalition n’a pas entrainé une adhésion massive. De plus, elle devra gérer un succès délicat dans la mesure ou son parti des Fratelli d’Italia confirme sa suprématie sur ses alliés de la Lega [Salvini] et de Forza Italia [Berlusconi] sans toute fois les rendre plus subalternes.. En Lombardie le président sortant de la Lega, Attilio Fontana est réélu haut la main [56 %], mais son parti doit céder le pas aux Fratelli d’Italia[1]. Tandis que dans le Latium [bastion historique de l’extrême droite], le candidat des Fratelli l’emporte avec 52 % des voix. Entre les deux extrême-droite italiennes le parti de Meloni  est dominant. Et Forza Italia sait depuis plus longtemps qu’elle est désormais une force d’appoint.[2] En tous cas Meloni  poursuivra sa politique économique, sociale et sociétale particulièrement réactionnaire.

Pour le centre-gauche, l’équation de la défaite était [une nouvelle fois] inscrite dans la division. En Lombardie, le PD et les Cinque Stelle avaient difficilement trouvé un accord. Mais les centristes Calenda et Renzi [Terzo Polo] soutenaient la vice-présidente de la région qui par calcul personnel s’était affranchie de la majorité sortante. Elle ne totalise que 10 % des voix, mais suffisamment pour priver le candidat du PD de suffrages sur son flanc droit. Dans le Lazio, au contraire c’est entre le PD et les Cinque Stelle que l’on ne s’accorda pas. Les deux partis se disputant depuis les dernières législatives la direction de l’opposition « progressiste ». Dans ce cas le PD fait mieux que les 5 Stelle. Mais on sait pourtant dans les deux camps que seule la coalition de ces rivaux pourrait permettre de battre l’extrême droite [condition nécessaire, mais pas suffisante]. En tous cas, la faible participation indique qu’une grande partie des électeurs de gauche n’ont vu aucune raison de se déplacer… et qu’aucune des formations ne peut se prévaloir d’une alternative crédible.

Dans ce contexte délétère, le PD organise des primaires pour désigner à la fin du mois sa nouvelle direction. Étrange opération qui sépare une indispensable et difficile réflexion sur l’identité du parti [réservée à une commission] et la course entre quatre candidat. e. s. On y reviendra.

 

 

[1] On votait à la fois pour les coalitions qui désignent le président de la région et pour les listes qui élisent les conseillers régionaux.

[2] Et de nuisance… Lundi alors que l’on votait encore, Berlusconi s’est fendu d’une attaque frontale contre le président ukrainien qui ne pouvait que mettre Meloni dans l’embarras.

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