Hollande/Valls : la déchéance

Ils ont osé ! Alors que ces derniers jours, différentes déclarations, y compris dans l’entourage présidentiel, semblaient indiquer que François Hollande renoncerait à cette mesure, l’extension de la déchéance de nationalité pour les binationaux «nés Français» condamnés pour terrorisme figure bien dans le projet de loi constitutionnelle. La décision est tombée ce matin en Conseil des Ministres. Pour ne pas indisposer la droite qui menaçait déjà de ne pas voter la réforme constitutionnelle si le pouvoir renonçait à cette disposition et ne pas rompre l’union nationale qui est désormais la partition politique absolue du tandem Hollande/Valls. Mais aussi pour couper l’herbe sous les pieds de cette droite, y compris la plus radicale, et même de l’extrême droite qui ont revendiqué et inspiré cette mesure sur laquelle un président socialiste s’est donc aligné sans états d’âme.

Cette déchéance de nationalité est moralement scandaleuse, pratiquement inefficace et politiquement inacceptable pour tous ceux qui se revendiquent d’une gauche démocratique et humaniste. Elle porte atteinte à un des principes fondateurs de la République, le droit du sol. Elle rappelle les plus sombres errements de certains socialistes sous Vichy ou pendant la guerre d’Algérie.
C’est François Hollande seul et sans la moindre consultation ministérielle qui a pris l’initiative de cette disposition qui défigure la République en l’annonçant le 16 novembre dernier lors de son discours devant le Congrès de Versailles. De même qu’il proposait d’inscrire l’état d’urgence dans la Constitution. Ce qui a également été confirmé dans le projet de loi adopté ce matin en Conseil des Ministres. Depuis lors, sur la question de la déchéance de nationalité, l’Elysée semblait revenir en arrière. Christiane Taubira pensait même le renoncement acquis puisqu’elle l’annonçait imprudemment ce mardi lors d’une interview à une chaîne de radio algérienne. Si la Garde des sceaux ne veut pas demeurer le dernier pseudo alibi de gauche au gouvernement, il ne lui reste que la démission…

Alors que l’installation de la France dans la politique – et l’esprit- sécuritaire inquiète tous ceux qui dans l’hexagone sont soucieux de la protection des droits de l’homme et des garanties juridiques, l’exécutif a choisi de couler cette politique en forme constitutionnelle. L’alignement de la «gauche gouvernementale » sur des mesures sorties en ligne directe du programme du Front National constitue la plus grande victoire du terrorisme. Il exprime la déchéance politique du couple Hollande/Valls.

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