« La part de lumière du communisme »

À propos de «  Rosine Lewin, le Parti, et moi », Parcours croisés dans les méandres du communisme belge et international.

Jean-Marie Chauvier ( Editions du Cerisier)[1]

«  Mon propos n’était pas, ici, de tirer les enseignements de l’aventure communiste et de son dénouement, encore moins de ses lendemains, mais bien de situer ce que fut, en leur sein, le parcours d’une personne proche et exceptionnelle. C’est du côté de l’intelligence et de la générosité, dans la “part de lumière” du communisme que rayonnait la figure de Rosine Lewin. » : ainsi s’achève le passionnant essai de Jean Marie Chauvier « Rosine Lewin, le Parti, et moi “ ce ‘parcours croisé’ dans les méandres du communisme belge et international” comme le précise le titre de l’ouvrage. “Ce bilan nécessaire et courageux est unique” écrit justement Pierre Gillis dans sa préface. D’une manière critique, et loin des reniements qui ont trop souvent dominé l’historiographie de l’épisode communiste du XXe siècle, Chauvier pose toutes les questions et n’élude aucune contradiction qui ont hanté les acteurs les plus lucides d’une aventure humaine et collective qui a longtemps été pour les peuples le “soleil de l’avenir”. Rien n’est éludé : la dictature du prolétariat devenue la dictature du parti, les massacres de Staline ou la répression des dissidents. Rien n’est oublié : la transformation d’une société arriérée, l’accès à l’enseignement, à la santé et à la culture, les moments d’espérance qui butaient sur des périodes de désespoir. Les succès, les tragédies et l’échec final sont confrontés au contexte historique qui permet de comprendre la complexité d’une aventure politique, idéologique et humaine tissée de mille drames. Il fallait pour cela le regard croisé et posthume de deux militants du Parti Communiste de Belgique (PCB) qui ont incarné, chacun à leur manière, mais toujours critique, ce que ce parti portait comme indéniable espoir et comme potentialité trop souvent déçue.

Le choix d’être communiste

Il y a donc trois personnages sur scène. D’abord Rosine Lewin (1920-20). Elle nait à Anvers dans une famille de la nouvelle bourgeoisie juive de l’immigration de l’Est (Pologne). Plus tard, Rosine s’expliquera sur cet héritage “irrécusable”. “En fin de compte, je suis juive avant tout parce qu’avec des millions d’êtres humains, Joseph Lewin et Esther Farber, mes parents ont été gazés à Auschwitz au seul motif qu’ils étaient juifs”. Mais elle ajoutait que si elle n’avait pas choisi d’être juive, elle avait bien choisi d’être communiste. C’est à l’Université Libre de Bruxelles où elle entre à l’âge de 17 ans qu’elle sera gagnée, une fois pour toutes, par la politique. Elle se mobilise pour les Républicains espagnols et contre la montée du fascisme en Europe. Quand la Belgique est occupée, Rosine Lewin choisit le périlleux destin de la résistance. Si elle fréquente déjà des militants communistes, c’est la rupture du pacte germano-soviétique qui l’autorise à rejoindre le Parti. Sa sœur Félicie et son compagnon Jean Guillissen sont eux aussi entrés dans la résistance, ils sont arrêtés par la Gestapo en avril 1942. Jean est condamné à mort et exécuté. Fel est envoyée à Auschwitz dont elle ne reviendra pas. Famille déportée, famille décimée.

Pour retracer cet itinéraire, Jean Marie Chauvier analyse son contexte historique et idéologique tant belge qu’international. Dans la précision et l’érudition.  De l’avant-guerre et de ses espérances à la libération et ses perspectives en passant par la montée de fascisme et de l’antisémitisme et les crimes qui ont émaillé la Seconde Guerre mondiale. La préparation inéluctable de la Shoah et sa mise en application par l’Allemagne nazie que les Alliés, informés depuis 1942, ne voulaient pas voir. L’auteur rappelle ce chiffre terrible généralement omis ou sous-estimé par la grande majorité des historiens : “la totalité des victimes soviétiques civiles et militaires est évaluée à 24-27 millions, ce qui fait près de la moitié des morts de la Deuxième Guerre mondiale”. Un bilan effroyable qui laissera évidemment des traces.

Mais  il y a aussi les méandres du mouvement communiste international qui, de 1928 à 1935, passe du sectarisme “de classe” au Front populaire avec toutes les  contorsions imposées aux différents PC nationaux. Les militants communistes doivent s’adapter et acceptent généralement que la défense de l’Union Soviétique, la patrie du socialisme, soit la seule priorité. Mais comme Rosine, ils sont libérés quand le Pacte germano-soviétique qui a bien été une collaboration active entre les deux régimes est rompu par Berlin qui lance son offensive coloniale contre l’URSS. Pour bon nombre d’entre eux déjà engagés dans la résistance, les choses rentrent dans une logique idéologique tant malmenée. Et presque naturellement, avec le Front de l’indépendance, les communistes seront à l’avant-garde de la résistance armée. Ils en paieront le prix le plus fort. Y compris dans le contexte politique de la Libération.

Le Parti des occasions manquées

Chauvier rapporte ce témoignage (bien plus tardif) de Rosine : “Le prix payé — avant tout en hommes — dans la lutte clandestine par les communistes fut dramatiquement disproportionné par rapport au poids du Parti sur le devenir de la Belgique après septembre 1944.” À la Libération, le Parti Communiste est certes auréolé de son rôle primordial dans la Résistance. Durant la résistance, il avait préparé “un soulèvement national qui devait restaurer un ordre démocratique qui ne serait pas la simple restauration du régime d’avant-guerre”. Une partie de la base communiste a rêvé de la révolution. Projet irréaliste face au rapport de force : les armées anglo-américaines veillent au grain (comme partout en Europe occidentale) et les partis traditionnels mettent immédiatement en œuvre le compromis social préparé à Londres. Le PC fera partie des gouvernements de 1944 à 1947, mais à des postes subalternes et malgré un score électoral notable en 1946 (13 % des voix au niveau national), il n’a pas pu convertir en capital politique la popularité que lui avait valu son rôle dans la résistance. On peut certes considérer que le PCB (comme tous les autres) a respecté le partage des zones d’influence prévu par les accords de ladite Conférence de Yalta, mais le réalisme du rapport de force ne permettait rien d’autre en Europe occidentale. Ici Jean Marie Chauvier reprend l’analyse de José Gotovich, référence absolue en ce qui concerne l’histoire du PCB[2], qui “estime qu’une occasion fut manquée par le Parti — non pas la révolution (…), mais l’absence d’une ligne rénovatrice, lacune déjà observée pendant la guerre”. Occasion manquée : l’expression reviendra à plusieurs reprises sous la plume de Chauvier. À tel point — on le verra — que l’on peut se demander si au-delà de ses contributions importantes aux luttes sociales, politiques, culturelles et sociétales, le PCB n’aura pas été le parti des occasions manquées…

L’homme communiste, c’est celui qui met l’homme au-dessus de lui-même” écrit Aragon en 1946. Rosine Lewin, comme la plupart des communistes, partage cette foi en l’homme communiste.

Rosine Lewin :le choix d’être communiste

Plus tard, au soir de sa vie, Rosine insistera sur cet aspect de la “foi” inséparable de l’engagement communiste,[3] mais qui refuse de prendre la place de la rationalité.Rosine sera toujours une militante et une dirigeante fidèle au parti au sein duquel elle exerce aussi son sens critique. Son témoignage dans les années 2000 rend bien compte de ce balancement : “Au-delà des convictions idéologiques, orgueil et certitude ont contribué à forger une mythologie et ont soutenu — et aveuglé — ceux qui s’engageaient dans le Parti. On se voyait comme des acteurs de l’Histoire, acteurs éclairés et enthousiastes, bien sûr (…) Mais (l’enthousiasme) était fonction de notre ignorance (volontaire ou involontaire) de certains développements du ‘socialisme réalisé. Ainsi avons-nous, pendant un temps cessé de connaître le doute, assignant à la critique — outil majeur du marxisme — des limites qui ont vicié notre jugement” Et cependant, ajoute-t-elle dans le même souffle, quelles qu’aient été nos certitudes, nous avions de vrais débats[4]». Le double chemin, celui des certitudes et du doute, la critique limitée et les vrais débats. Telle était pleinement Rosine Lewin.

En 1953, à la mort de Staline elle est en pleurs comme tout le peuple communiste.

Hommage du PCB à la mort de Staline

Mais trois ans plus tard, en 1956, elle est à Moscou lors du XXe Congrès du PC URSS. Elle vit le choc du rapport Khrouchtchev comme « un grand moment : un parti capable de mettre à nu ses propres turpitudes et responsabilités devait pouvoir vaincre obstacles et inerties » pense-t-elle alors. Elle ajoutera plus tard : « J’avais tort ». Dans son ouvrage, Jean-Marie Chauvier analyse en profondeur « la déstalinisation selon des méthodes staliniennes », ses limites et ses effets néanmoins salutaires ».

Militante et dirigeante

Alors que la guerre froide est déclarée, à peine a-t-elle quitté sa fonction dans le cabinet d’un ministre communiste, Rosine Lewin est nommée secrétaire nationale du Rassemblement des Femmes pour la Paix. C’est tout sauf honorifique. La « féministe de classe » descend sur le terrain et va à la rencontre des femmes au travail dans la Flandre profonde. Politisation des femmes, revendications salariales et conditions de travail, approche préféministe, c’est le véritable travail sur le territoire. Un travail éreintant, sans relâche dont on n’a plus idée aujourd’hui (à l’exception sans doute d’une partie des militant. e. s du PTB), mais qui est la condition même de l’enracinement politique. Comme la plupart des cadres communistes, les dirigeants restent avant tout des militants. Mais Rosine Lewin va surtout s’épanouir dans la presse communiste.

Rosine Lewin au « marbre » du Drapeau Rouge

En 1957, elle entre comme journaliste au Drapeau Rouge qu’elle dirigera par la suite. Mais c’est aussi là qu’elle rencontre Pierre Joye, tout à la fois brillant économiste et fervent critique de cinéma. Il deviendra le compagnon de Rosine, « les plus belles années de ma vie » », dira-t-elle. Ils forment un couple attirant qui mêle le sérieux et la causticité, l’humour et l’engagement et sera pour beaucoup le visage le plus séduisant du communisme belge. Pierre Joye avait publié un ouvrage « Les trusts en Belgique » qui le premier met en évidence la concentration capitaliste dans notre pays avec les conséquences politiques qu’elle implique. Avec Pierre Joye, Rosine signera ensuite « Les trusts au Congo » qui, comme le souligne Chauvier, «  sera largement reconnu comme l’un des éclairages majeurs sur les enjeux et les jeux des grandes compagnies exploitant les richesses de la colonie jusqu’à saboter son indépendance ». Mais c’est un autre ouvrage, plus inattendu, « qui sera probablement l’apport le plus original de Rosine Lewin à la pensée communiste belge » : « L’Eglise et le mouvement ouvrier en Belgique » (1967)[5].

Ce que Chauvier appellera avec tendresse « la passion de sœur Rosine » accouchera d’une histoire originale et inédite du catholicisme belge. Un point de vue débarrassé des clichés anticléricaux de la gauche (surtout socialiste) et qui va ouvrir un dialogue dont on n’a pas fini de mesurer l’importance tant il va bousculer les aprioris tant politiques que sociétaux. Il va ouvrir la voie au rassemblement des progressistes, influencer la ligne du parti. Plus fondamentalement encore, Rosine Lewin sera la pionnière du dialogue fécond entre chrétiens et marxistes qui va se développer dans la décennie 60/70.

Lewin-Chauvier : une complicité complexe et emblématique

Dans la dernière partie du livre — qui n’est pas la moins passionnante — le point de vue change : l’auteur devient acteur. Ce temps, explique Jean-Marie Chauvier « s’enfonce dans les sinuosités et les impasses du labyrinthe communiste : les rapports du Parti avec le PC soviétique, en l’occurrence dans les parcours distincts et croisés de Rosine Lewin, rédactrice en chef du Drapeau Rouge et le mien en qualité de son correspondant en URSS. (…) Je situe le parcours de Rosine Lewin, précise-t-il, en rapport avec ma propre expérience des années soviétiques (séjour permanent de 1964 à 1969 puis épisodique au cours des années 1980-2000 »). Cette expérience enrichit sa connaissance déjà approfondie de l’univers soviétique et fait de Jean Marie Chauvier l’un de ses meilleurs connaisseurs. Cela se traduira bien sûr par ses articles dans le Drapeau rouge, mais aussi plus tard par des reportages pour la RTBF, des contributions au Monde Diplomatique et la publication d’un ouvrage fondateur “URSS : une société en mouvement[6]”. Une expertise qui ne sera que trop peu exploitée par les médias traditionnels.

Rencontres, divergences, convergences” émaillent les échanges entre deux communistes sincères et critiques. «  La seule différence (de taille) entre Rosine et moi, en matière de soviétisme, est qu’elle a connu la résistance et le stalinisme pur jus, pas moi” écrit Chauvier qui, lui, entre au parti en 1959. Sans que des ordres lui soient donnés, le correspondant du journal communiste est censé mettre en valeur les réussites de l’URSS. Mais il ne tombe évidemment pas dans la propagande. Par ses contacts avec le peuple soviétique que Chauvier admire sincèrement, il va aussi mettre en évidence les contradictions puis les déviations du système et les débats internes qui l’agitent. Ce qui provoque des hérissements chez les dirigeants du PCB. Rosine Lewin n’est pas loin de partager les analyses de son correspondant. Elle-même et Pierre Joye entretiennent des relations suivies avec quelques-uns des dirigeants soviétiques les plus “ouverts”. Mais la rédactrice en chef incite à la prudence : “elle me paraissait surtout soucieuse de me protéger de mes propres audaces… et des réactions exaspérées qu’elles pourraient susciter en Belgique, à la base du parti” (en grande partie toujours d’une grande fidélité à Moscou). Au vu des débats mêmes discrets et non publics en URSS, Chauvier comme la plupart des communistes critiques pense encore que “le régime soviétique ne pouvait que s’améliorer, donc se démocratiser ». Mais il ajoute : « Cette croyance, pour moi, s’est progressivement effritée, et reçut son coup de grâce en 1968 ». L’issue du Printemps de Prague sera en effet décisive pour Jean Marie Chauvier qui avait écrit de nombreux articles (pas tous publiés) sur les chances que représentait l’expérience socialiste tchécoslovaque et les attaques soviétiques dont elle était l’objet. Il se fait que Rosine Lewin et Pierre Joye sont à Moscou — en vacances — le 21 août 1968, le jour de l’intervention des chars soviétiques à Prague. Ils vont immédiatement demander des explications à leurs interlocuteurs soviétiques qui se contentent de justifier l’intervention… ‘On quittait Moscou, amers, inquiets, en colère’, racontera Rosine Lewin.

Mais à Bruxelles, dès le 21 août, le Bureau politique du PCB affirme ‘ne pouvoir approuver l’intervention militaire’ à Prague. Pour la première fois, le Parti prend publiquement ses distances à l’égard d’un acte majeur de la politique soviétique. Cette rébellion ne durera pas. Notamment sous la pression de ses fédérations ouvrières demeurées philosoviétiques, le PCB rentrera dans le rang et approuvera la ‘normalisation’ imposée par Moscou. Position confirmée par le Congrès de novembre 1968. Chauvier souligne «  l’occasion historique fut manquée, d’un réexamen en profondeur de la conception du socialisme et du rapport au modèle soviétique’. Une fois encore, donc, une occasion manquée. Ce ne sera pas la dernière.

Après 1969, Jean Marie Chauvier ‘choisit la dissidence’ du moins en ce qui concerne l’URSS et la normalisation tchécoslovaque. Une normalisation qui va se propager à Bruxelles. L’ancien correspondant à Moscou — il a été rappelé après ces événements — mais toujours membre de la rédaction du Drapeau Rouge se voit interdire d’encore s’exprimer sur les questions soviétiques. Comme il persiste et signe, il sera exclu du parti en 1973, ou plutôt expulsé sans les formes requises. Aucun de ceux qui étaient proches de ses positions ne s’y opposa publiquement.

Bien entendu, dans ses écrits, Chauvier suivra passionnément la période de la Perestroïka initiée dans la douleur par Michaël Gorbatchev (1988-1991). Pendant un temps une illusion réconfortante laisse penser que le changement est possible et qu’un nouveau modèle socialiste est possible. En Europe, au milieu des années 70, l’eurocommunisme a fait long feu (encore une occasion manquée….)  Et le projet du communisme démocratique porté par Enrico Berlinguer s’évanouit avec l’autodissolution du Parti Communiste Italien.[7] Paradoxe de l’histoire, c’est de Moscou qu’une promesse de changement et d’alternative semble se dessiner. On sait ce qu’il en advint…

L’horizon communiste, malgré tout…

De son côté, le Parti Communiste Belge achève sa course. Le déclin est inéluctable. Depuis 1985, le Parti n’a plus de représentation parlementaire et ses dernières troupes s’effilochent. Un dernier chapitre à la fois paradoxal et significatif se déroule en 1987. Rosine Lewin est alors rédactrice en chef des Cahiers Marxistes, une revue qui joue un rôle considérable notamment dans l’ouverture vers d’autres forces de gauche et dans la production d’analyses débarrassées de l’orthodoxie intellectuelle. Rosine propose alors à Jean-Marie Chauvier — l’exclu — de l’amener à Moscou pour mener l’enquête sur la Perestroïka naissante. Cela donnera un dossier des Cahiers Marxistes paru en septembre 1987 qui fera autorité sur le sujet… même si celui-ci sera bientôt dépassé avec la victoire de Boris Eltsine et du capitalisme débridé en Russie.

Le refus du reniement

Le livre comporte bien d’autres chapitres notamment quant au rôle du Parti sur les enjeux nationaux avec ses apports originaux et ses échecs.[8] Mais il est d’abord centré sur la question soviétique. Car qu’on le veuille ou non, la question du rapport à l’URSS a toujours été centrale dans la définition du projet communiste. C’est d’abord, mais non seulement, pour cela que l’ouvrage de Jean Marie Chauvier est précieux et qu’il nous éclaire d’une manière originale sur l’étude d’un chapitre historique déterminant du XXe siècle. Et, pour raconter cette histoire, il ne pouvait trouver meilleure complice que Rosine Lewin dont il ressuscite la mémoire pour notre plus grand bonheur. ‘Rosine, rappelle-t-il, orpheline du parti, se dira convaincue de l’échec du communisme du XXe siècle, assurant même que la disparition des régimes de l’Est était une bonne chose’. Mais contrairement à de nombreux ‘ex ‘, elle ne sera jamais une communiste repentie. Le reniement alimenté par un anticommunisme sans communisme qui poursuit sa carrière médiatique lui était totalement étranger. Elle le répétait avec force à la fin de sa vie. Elle n’acceptait pas le triomphe du néolibéralisme débridé et sans en connaître la voie, elle imaginait toujours un avenir pour l’idée communiste. Ce que le grand dirigeant de la gauche du Parti Communiste Italien, Pietro Ingrao appelait ‘l’horizon communiste’. Rosine Lewin incarnait bien cette ‘part de lumière du communisme’ et nul autre que Jean-Marie Chauvier ne pouvait la rapporter avec autant de justesse.

 

 

 

 

 

[1] Editions  du Cerisier, Place Publique, Cuesmes, 2026, 293 p, 23 €

[2] José Gotovitch, Du rouge au tricolore. Résistance et parti communiste , Editions Labor, Archives du futur/histoire, 1992. Réédition, CArCoB, 2023

[3] Dans de nombreuses conversations que nous avons eues et notamment dans le film « 18-20 avenue de Stalingrad » où je retraçais l’histoire du parti avec elle et trois autres anciens dirigeants du PCB.

[4] C’est nous qui soulignons,

[5] Un ouvrage qui reste aussi plus modestement une référence personnelle puisque ma première interview comme journaliste stagiaire à la RTB sera celle de Rosine Lewin et Pierre Joye…

[6]Préface de Claude Julien, Ed. de l’Aube, 1988.Redd.augmentée, 1992.

[7] À ce sujet, je me permets de renvoyer à mon ouvrage « L’héritage perdu du PCI — une histoire du communisme démocratique », Les Impressions nouvelles, Bruxelles, 2024

[8] Le lecteur découvrira sans doute l’importance du Congrès de Vilvorde de 1954 où, un an après la mort de Staline, le PCB plaide pour la « lire discussion » ( « Ce n’est pas une tolérance, c’est une nécessité ») et où il amorce une voie nationale vers le socialisme. Il constatera, par ailleurs, que dans les années 70, la sclérose idéologique l’empêchera de prendre suffisamment en considération les nouvelles revendications du féminisme ou de l’écologie. Toujours les occasions manquées…

Les illustrations proviennent de mon film « 18-20 avenue de Stalingrad »

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1 réponse à « La part de lumière du communisme »

  1. Sanchez benito mariejo dit :

    je suis très heureuse de découvrir la parution de ce livre, plus heureuse encore que soit mise en lumière cette femme extraordinaire que fut Rosine.

    merci Hugues

    Mariejo

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